Le football et l’Amazonie : le match des cultures

 A l'occasion du lancement de la Coupe du Monde de Football 2018 en Russie, chez Héliconia Amazonia Turismo on s’intéresse à la relation entre l’Amazonie et le football. En évoquant l’Amazonie, on parle du Brésil et qui dit Brésil implique aussi le football. Mais qu’en est-il de l’Amazonie et de son lien avec le ballon rond ? 

La présence du football en Amazonie

Bien que le football soit originaire d'Angleterre, même au cœur de l’Amazonie, à Manaus la culture brésilienne du football est bien présente : la ville avait d’ailleurs accueilli la Coupe du Monde de Football en 2014 avec la construction du stade « l’Arena Amazonia ». Quatre ans plus tard, l’enthousiasme est toujours aussi vif, les rues se décorent et les Brésiliens se préparent à l’événement de l’année. Neymar, Marcelo,  Coutinho ou encore Ronaldo et Messi autant de noms de joueurs qui résonnent dans les rues de la place du Théâtre jusqu’au mercado du port.

Rue de Manaus décorée pour la Coupe du Monde de Football

En portugais brésilien, on parle de futebol, qui s’apparente bien plus à un état d’esprit et à une manière de vivre qu’à un sport. Depuis qu’il a été importé en 1894 à Sao Paulo,  c’est le sport le plus populaire du pays. Il fait partie de l’identité brésilienne et constitue un élément important de la culture populaire locale.

La présence du football en Amazonie ne date pas de la dernière Coupe du Monde, il faut remonter le temps pour comprendre comment la fièvre du football s’est immiscée jusqu’aux tribus de l’Amazonie. Par exemple, en 1960, des Brésiliens trouvèrent des flèches appartenant à la tribu de Zeca sur une des plages de l’Etat de Para et remontèrent jusqu’à rencontrer la tribu. Suite à des échanges de savoir, ils leur firent découvrir le football

« Peladão, le tournoi particulier de Manaus »

Pour illustrer l’intérêt de Manaus pour le football, on peut citer le « Peladao », qui est le plus grand tournoi de foot amateur au monde et avec une organisation un peu particulière.

Tous les ans, entre octobre et mars, toutes les équipes de football non-professionnelles de Manaus et ses environs se réunissent et animent les rues et les programmes télévisés. Les femmes participent également… mais pas sur le terrain ! En effet,  le tournoi est accompagné en parallèle d’un concours de Miss (pas moins de 500 candidates chaque année). Celles-ci participent tout au long du tournoi à une émission de téléréalité et le public vote pour la gagnante à la fin.

Très populaire dans les quartiers défavorisés, le Peladeo est un tournoi sportif, un concours de beauté et une émission de téléréalité: un tout en un !

«O pais do futebol», enjeux sociaux et économiques 

Durant le peu de rencontres organisées entre Brésiliens et Indiens, ces derniers ont régulièrement souffert de discrimination de la part des organisateurs et arbitres dans le but manifeste d’éliminer les équipes composées de populations autochtones. Ce fut notamment le cas de la tribu Gaviao Kyikateje vivant au cœur de l’Amazonie, l’équipe victime de remarques racistes. En 2009, Aru Sompre, un des meilleurs footballeurs que la tribu ait connu toutes générations confondues, avait réussi à porter l’équipe jusqu’á la finale qui leur fut refusée.

« Lorsqu’on chasse, il faut prêter attention au moindre mouvement, au moindre bruit », explique Aru en connaisseur. « C’est pareil avec le football, une fois sur le terrain, tu n’as plus droit à l’erreur. Il faut être attentif et rester concentré. » Aru Sompre

Même si le match est presque perdu d’avance, c’est un combat politique pour cette tribu que de jouer sur les terrains. Ils cherchent à faire valoir ce que la Fédération Brésilienne ne leur reconnaît pas : le droit de jouer. C’est un mélange étonnant entre traditions et passion commune pour le sport qui anime les 90 minutes de jeu. Et aujourd’hui les mentalités ont heureusement changé et le club est très populaire au Brésil.

Pedro Corrêa, directeur du département football, l’annonce "Notre projet dépasse le domaine purement sportif. Il est aussi social. Nous voulons faire connaître notre communauté et divulguer un peu plus la culture indigène."

Equipe de football indienne Gavião Kyikatejê Futebol Clube

Malgré les discriminations, les tribus d’Amazonie ne baissent pas les bras car le football en Amazonie reste un moyen de développement et les jeunes des tribus rêvent aussi de pouvoir jour au sein de la Seleção Brasileira de Futebol. En effet le football est simple à implémenter et nécessite peu d'investissements.  D’ailleurs dans les villages, bien souvent le terrain de football, qui se résume à une étendue d’herbe, de terre sèche et de buts, est situé au centre des habitations ainsi que des commerces qui semblent construits autour.

Comme le témoigne Jose Doracy Pereira de Lima, résidant à Feijo au milieu de la forêt amazonienne, le football est un loisir partagé en famille, pour aussi bien les hommes que les femmes, et évite que les jeunes ne tombent dans la drogue ou la délinquance.

 

On a pour habitude d’entendre qu’une surface de forêt de la taille d’un terrain de football disparaît toutes les 7 secondes en Amazonie, pour donner un ordre de grandeur à l’ampleur de la déforestation. Le véritable lien entre l’Amazonie et le football est la transmission du sport dans les tribus les plus reculées, la remise en question du statut des populations indigènes mais aussi la preuve que le ballon rond réunit toute la nation jusqu’aux zones les plus défavorisées.

Des favelas de Rio aux zones rurales de l’Etat d’Amazonas, La Coupe du Monde de Football reste incontestablement un événement phare au Brésil et donc en Amazonie, qu’il est possible de venir découvrir avec séjours en Amazonie d’Héliconia.

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