Les lamantins d’Amazonie

Les lamantins d’Amazonie ou peixe-boi en portugais sont des mammifères herbivores. Endémiques de la région, ils sont la seule espèce à vivre en eau douce, ils sont également la plus petite espèce de lamantins. Dans le monde, deux autres espèces existent: les lamantins des Caraïbes (la plus grosse espèce) et les lamantins d’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, on vous fait découvrir ceux peuplant le bassin amazonien.

Le peixe-boi: un animal discret

Au Brésil, et plus précisément en Amazonie, dans son habitat naturel, on appelle le lamantin “peixe-boi”, soit littéralement “poisson boeuf”. Ce nom lui vient de son apparence mi-poisson / mi-bœuf, et de son régime alimentaire. En effet, bien qu’il puisse peser jusqu’à 450 kilos et mesurer jusqu’à 2,5 mètres, le lamantin est herbivore. Il se nourrit de plantes aquatiques et semi-aquatiques, et une fois adulte, il peut manger jusqu’à 10% de sa masse corporelle par jour. La quantité qu’il ingère va dépendre de la saison. En effet, lorsque le fleuve est haut, la nourriture est plus abondante, aussi il pourra manger davantage. Au contraire, lorsque son niveau est bas, il mangera beaucoup moins. Son poids peut donc varier fortement entre la saison sèche et la saison des pluies.

Ce mammifère qui peuple le bassin amazonien, vit dans des eaux peu profondes d’au moins 20°C. Tout à fait inoffensif, le lamantin est capable de se mettre dans un état quasi-léthargique afin de rester de longues minutes au fond de l’eau, lui permettant ainsi de se protéger des prédateurs. Il a toutefois besoin de remonter à la surface afin de pouvoir respirer. D’ailleurs, la respiration n’est pas une attitude innée chez le peixe-boi, il s’agit d’une respiration volontaire. Lors du processus d’apprentissage, la mère doit faire remonter son petit pour qu’il acquiert ensuite ce réflexe.

Aimant se réfugier au fond des fleuves et la couleur de l’eau étant très sombre, il est très difficile d’observer cet animal dans son milieu naturel. Cela rend également leur étude compliquée.

Bébé lamantin vivant en eau douce.

 Les lamantins d’Amazonie: une espèce vulnérable

Pendant plusieurs siècles, les lamantins d’Amazonie ont été victimes de la chasse intensive.

Ils sont en effet très convoités pour leur viande, riche en protéines et source d’alimentation pour les peuples d’Amazonie vivant sur les rives des fleuves mais également pour leur peau, très épaisse, utilisée afin d’en faire du cuir. Aujourd’hui, l’espèce est protégée et sa chasse est interdite depuis 1967 par la loi brésilienne.

Toutefois, la réalité est différente et la chasse n’est pas la seule menace qui pèse sur ce mammifère. Comme les dauphins roses d’Amazonie, les lamantins sont également menacés par la pollution, la destruction de leur habitat ainsi que par les accidents avec les embarcations naviguant sur le fleuve. Ils figurent par ailleurs sur la liste des espèces vulnérables de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Les peixe-boi sont une espèce fragile. Un bébé a besoin de sa mère pendant deux ans après sa naissance, période durant laquelle il doit téter pour se nourrir et apprendre à remonter à la surface pour respirer. Si la mère est capturée pendant cette période d’apprentissage, l’orphelin n’a ensuite que très peu de chances de survivre. De plus, l’espèce n'atteint la majorité sexuelle qu’à 8 ou 9 ans. La période de gestation de la femelle dure ensuite environ un an et celle-ci ne donnera naissance qu’à un seul bébé à la fois. Ces longues périodes de reproduction rendent la pérennité de l’espèce encore plus vulnérable.

Aujourd’hui, plusieurs associations œuvrent donc pour leur protection. C’est notamment le cas de l’AMPA (Association Amis des Peixe-boi), association faisant partie de l’INPA (Institut National de Recherche sur l’Amazonie). Ces organisations mettent notamment en place des campagnes de sensibilisation auprès des populations locales. Cela permet une meilleure connaissance mais aussi de transmettre aux habitants les gestes à adopter lorsqu’un lamantin est retrouvé dans les filets d’un pêcheur par exemple. Une grande partie des connaissances que nous avons aujourd’hui sur les lamantins est le fruit de décennies de travail de recherche de Vera da Silva et de ses équipes spécialistes des mammifères marins.

L’AMPA a également mis en place des centres d’accueil des bébés lamantins orphelins. Dans ces centres, ces derniers sont nourris et pris en charge le temps nécessaire pour pouvoir ensuite être réintroduits progressivement dans la nature.

Ce système demande une logistique coûteuse, la période de réhabilitation étant en générale assez longue. Toutefois il s’agit d’un système qui porte ses fruits. De nombreux animaux ont déjà pu rejoindre leur habitat naturel et une des femelles remise dans le fleuve il y a deux ans, attend désormais un petit.  Preuve que le projet est une réussite.

Lors d’un voyage en Amazonie, les lamantins sont extrêmement difficiles à apercevoir dans leur environnement, toutefois, vous pourrez les découvrir au Bosque da Ciencia. Cet espace fait partie de l’INPA et possède des bassins réservés pour la réhabilitation de bébés lamantins orphelins. Vous aurez donc l’occasion de les y apercevoir.

L’AMPA vise à la protection et à la préservation des lamantins dans leur habitat naturel Source : http://ampa.org.br/

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